350 ans d'histoire

1653-1699 : «Les colons qui sauvèrent Montréal» - Prêtes à partir partout où on les enverra

Le 30 avril 1658, Marguerite Bourgeoys ouvre la première école de Montréal, la première école publique (gratuite) pour filles et garçons au Canada. Cette école est logée dans une ancienne étable de pierre et les enfants eux-mêmes ont collaboré à l’aménager. Parce qu’elles ne sont pas cloîtrées et qu’elles ont l’autorisation de l’évêque, Marguerite et ses compagnes œuvrent bientôt au-delà de Montréal. Dès que d’autres femmes se sont jointes à elles pour former le noyau de la Congrégation de Notre-Dame, le groupe entreprend ce qu’on appelle des «missions ambulantes» : seules ou deux par deux, elles vont dans les petits établissements le long du Saint-Laurent passer plusieurs semaines pour enseigner et préparer les jeunes à la première communion, un rite qui marque alors l’entrée dans la vie adulte. Avec les années et l’augmentation du nombre de ses membres, la Congrégation ouvre des écoles permanentes à Champlain, à Pointe-aux-Trembles de Montréal, à Lachine, à l’île d’Orléans, à Québec et à Château-Richer. Il se peut même qu’une sœur se soit rendue jusqu’à Port-Royal, en ce qui est aujourd’hui la Nouvelle-Écosse. D’autres travaillent auprès des autochtones, à la mission de la Montagne à Montréal, et au Sault Saint-Louis. En plus d’enseigner aux enfants et d’accueillir et de préparer les «Filles du Roy» aux exigences de leur nouvelle existence, les sœurs de la Congrégation ouvrent une école professionnelle pour enseigner aux femmes pauvres comment gagner leur vie. Sous la direction de Marguerite Bourgeoys et grâce au savoir-faire et au travail des sœurs, la Congrégation survient à ses propres besoins; elle peut donc offrir ses services gratuitement, s’attirant ainsi la faveur des autorités de la colonie.